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Violences ou pacifisme ? Quelle stratégie pour un mouvement social victorieux ?

30 octobre 2026

La formidable mobilisation des lycéens et des lycéennes pour pouvoir étudier dans des conditions dignes, pour que leurs professeurs soient remplacés en cas d’absence, pour que leur avenir ne dépende pas de l’algorithme de Parcoursup et pour qu’ils aient toute leur place à l’Université a donné l’exemple aux travailleurs qui ont défilé par centaines de milliers, partout en France, le 17 octobre, contre la vie chère.

C’est une véritable révolte de la dignité à laquelle on assiste et qui fait trembler Emmanuel Macron et ses épigones, Gabriel Attal, Edouard Philippe ou Bruno Retailleau, lancés dans un concours Lépine de propositions visant à démanteler les services publics et le modèle social bâti en 1945 pour le livrer à la découpe aux capitalistes avides de profits, les mêmes qui se sont gavés de dividendes durant dix années de macronisme.

Les organisations syndicales et les partis de gauche ont apporté leur soutien au mouvement social. C’est une règle universelle qu’on ne gagne jamais une élection si on se place sur le terrain de l’adversaire.

Que la campagne présidentielle se fasse sur les plateaux de télévision et sur les réseaux sociaux sur les thématiques de l’insécurité, de l’immigration et de la violence et c’est la porte ouverte à une victoire du Rassemblement national et à son projet illibéral autoritaire. Dix ans de macronisme ont fini par pousser une partie des électeurs vers l’extrême droite.

Pour les communistes et pour les organisations du mouvement social, la seule manière de conjurer la catastrophe est de placer le débat sur le terrain du social : salaires, emploi, vie chère, services publics, solidarité, préservation du vivant… C’est en mettant systématiquement nos thématiques au cœur du débat que nous pourrons battre l’extrême droite et les héritiers du macronisme en 2027.

Obnubilés par l’islam et l’immigration, admirateurs de Trump et de Poutine, les médias Bolloré et la galaxie Stérin feront tout pour occulter les revendications des jeunes et des travailleurs et propulser Marine Le Pen à l’Elysée, suivis par atavisme par une partie de la presse et les autres chaînes d’info en continu engagées dans une course à l’audience dont nous avons été les témoins effarés le 17 octobre et les jours qui ont suivi.

Relayant la parole gouvernementale contre les émeutiers et contre LFI, les médias ont donné plus d’écho aux vitrines brisées et aux pillages qu’aux revendications des jeunes et des travailleurs pour leur dignité et pour leur avenir.

Les images de vitrines brisées et de bâtiments publics incendiés ont pour effet d’éloigner les manifestants paisibles des cortèges, d’affaiblir le soutien populaire dont bénéficie le mouvement et de jeter une partie des classes moyennes dans les bras de ceux qui leur proposent une solution réactionnaire-autoritaire, c’est-à-dire le RN, opportunément aidé par Emmanuel Macron et ses ministres qui ne parlent que de couvre-feu, de répression et d’interdictions de manifester.

De très nombreux travaux sociologiques se sont penchés sur les auteurs de « violences urbaines ».

En 2023, après la mort de Nahel, on a vu des pillards et des émeutiers casser des abribus, caillasser des voitures de pompier, brûler des médiathèques et piller des commerces dans un déchaînement de violence nihiliste. Or, il n’y a aucune rationalité à détruire des abribus et à obliger les usagers des transports en commun à attendre leur bus sous le vent et la pluie en attendant la reconstruction de l’abribus. Il n’y aucune rationalité à s’attaquer à des écoles ou à des médiathèques qui sont par définition des lieux de savoir et d’émancipation.

Les travaux des sociologues ont montré que les jeunes des quartiers populaires qui attaquaient des écoles ou des bibliothèques étaient le plus souvent des jeunes pour qui l’école républicaine avait failli et qui avaient été tous été confrontés au sentiment de relégation et à la violence de l’échec scolaire, qui pour certains, les avait menés à une carrière délinquante.

Dans un entretien au Monde, Fabien Truong, professeur de sociologie à l’Université Paris VII explique ainsi que : « Les jeunes de quartiers qui manifestent contre Parcoursup et pour avoir des professeurs croient encore en leur avenir. Ceux qui ont le sentiment d’avoir été violentés par les institutions pourront voir dans ce rassemblement une opportunité de se servir, d’avoir accès à des biens, dans un sentiment de puissance et sans doute de revanche. C’est la violence internalisée qui se retourne contre autrui. Les jeunes qui ont été moteurs dans les pillages – et ce ne sont pas toujours ceux qui ont été interpellés – sont souvent ceux qui ont été le plus violentés dans leur construction adolescente. On n’est pas violent « par soi-même » ou par culture. Ces jeunes ont sans doute baigné dans une petite socialisation délinquante, sans en gravir tous les échelons. […] Ceux qui politisent stratégiquement la violence sont ceux qui disposent d’un haut niveau de capital culturel. Ils existent, mais sont très peu liés à la jeunesse des quartiers, on a pu le voir dans les attaques de type « ultragauche ». C’est autre chose.
Dans les scènes de pillage, c’est surtout le vécu qui ressort et qui dégueule. De nombreux jeunes ont profité d’un moment chaotique, accéléré par la communication sur les réseaux sociaux, pour prendre une revanche et pour, malheureusement, commettre d’autres violences. »

Bien que politiquement désordonnées ou contre-productives pour le mouvement syndical, les actions des « casseurs » sont le produit direct de la relégation sociale, du racisme systémique, des discriminations et des violences policières impunies. Leurs actions destructrices sont en effet un symptôme et une conséquence de l’impasse sociale créée par le capitalisme, mais elles ne font pas avancer notre lutte contre le système. Au contraire, elles lui sont nuisibles.

Parmi les personnes impliquées dans la casse des vitrines, il y a des motivations différentes. Il y en a pour qui c’est une manière de porter un coup au système, à une organisation sociale fondée sur le profit et le pouvoir, à l’ordre établi. Mais il y a aussi de nombreux éléments de ce que Karl Marx qualifiait de lumpenprolétariat, c’est à dire des éléments déclassés et démoralisés qui n’ont que faire de la lutte en cours. Ceux qui ont brisé des vitrines et pillé des commerces samedi 17 octobre, ont puissamment aidé le gouvernement à faire passer sous silence les revendications des centaines de milliers de manifestants pacifiques, nassés et gazés par les forces de l’ordre en même temps que les black blocs et les casseurs.

Dans la préface de 1874 de La Guerre des paysans en Allemagne, Engels dénonce en des termes très durs ce sous-prolétariat dépourvu de conscience de classe et mu par la vénalité.
« Le lumpenprolétariat, cette lie d’individus dévoyés de toutes les classes, qui établit son quartier général dans les grandes villes, est de tous les alliés possibles, le pire. Cette racaille est absolument vénale et importune. Tout chef ouvrier qui emploie ces vagabonds comme gardes du corps, ou qui s’appuie sur eux, prouve déjà par là qu’il n’est qu’un traître au mouvement ».

Si on peut comprendre, comme militants du mouvement social, la colère nihiliste qui anime les auteurs des violences urbaines et ce qu’elles disent des défaillances de notre société, les violences qui ont émaillé les manifestations du 17 octobre ne doivent pas se reproduire.

Ce n’est pas en brisant des abribus, en incendiant des mairies et en volant des IPhone ou des paires de basket qu’on fera reculer un gouvernement sourd aux revendications populaires, mais par la généralisation de la grève, par la massification des cortèges, par la manifestation de notre puissance dans la rue.

En tant que marxistes, notre tâche prioritaire est de parvenir à politiser et à unifier la jeunesse des lycées et des universités, la jeunesse des quartiers populaires avec les travailleurs syndiqués.

Puisqu’on ne peut pas compter sur la police pour assurer la sécurité des cortèges syndicaux, c’est aux militants des organisations ouvrières de l’assurer eux-mêmes. C’est ce que la CGT et les syndicats de l’enseignement ont commencé à faire en direction de la jeunesse en se rendant sur les manifestations lycéennes, aux côtés des parents d’élèves, pour encadrer les cortèges, isoler les casseurs et protéger les lycéens des violences policières qui ont visé indistinctement casseurs, lycéens pacifiques et syndicalistes lors des blocus lycéens et le 17 octobre dernier.

La question du service d’ordre n’est pas une question secondaire et les violences à l’occasion des manifestations ne datent pas d’hier. Depuis le 1er mai 2016, comme lors du mouvement des Gilets jaunes en 2018, de nombreuses manifestations ont été émaillées d’incidents et de heurts entre casseurs et policiers, nuisibles à l’élargissement et à la popularisation du mouvement. Ces incidents sont le symptôme de l’affaiblissement des syndicats et des partis du mouvement ouvrier et d’un maintien de l’ordre qui s’est considérablement durci.
Nous ne parvenons plus à assurer la sécurité de nos propres cortèges. Tous les syndiqués doivent pouvoir s’emparer de ces questions et se former dans les collectifs comme le collectif ALS (Animation des Luttes et Sécurité) à la CGT.

Comme l’a montré Hugo Melchior dans un article consacré au phénomène du « cortège de tête » dans les manifestations, face à l’échec des organisations de gauche et du mouvement social à obtenir la moindre victoire depuis 20 ans, une certaine forme d’esthétisation de la violence émeutière peut séduire une partie des manifestants, à la recherche de modes d’action moins routiniers, plus spectaculaires et légitimement énervés par les brutalités policières, comme si les affrontements avec les forces de l’ordre faisaient désormais partie d’un répertoire d’action collective légitime.
Dans le pays de la Révolution française, l’émeute et la barricade renvoient à tout un imaginaire positif : celui de La Liberté guidant le peuple du peintre Delacroix, des barricades de 1832 immortalisées par Victor Hugo dans Les Misérables…
Mais l’émeute et les barricades appartiennent au répertoire d’action collective du XIXe siècle. Au XXe siècle, la manifestation de rue et la grève, avec occupation des lieux de travail a remplacé l’émeute. La manifestation de rue pacifique et la grève marquent un progrès dans la pacification de nos sociétés. La grève attaque les vrais maîtres du pouvoir : les capitalistes qui possèdent les moyens de production.

L’obstination et le mépris du gouvernement envers les manifestations pacifiques et les grèves ont amplifié la colère sociale. Mais au-delà de la colère, pour réussir une révolution citoyenne en 2026, nous ne devons pas nous faire craindre, mais nous faire aimer, par des manifestations joyeuses, pacifiques et inventives. Or, la violence viriliste et nihiliste invisibilise les revendications, nous coupe des classes moyennes que nous voulons détacher du bloc bourgeois et fera toujours le jeu du parti de l’ordre. Les chaînes d’information en continu participent du dispositif d’hégémonie culturelle du parti de l’ordre capitaliste et répressif.

Pour le mouvement social, la conquête de l’hégémonie culturelle ne peut pas passer par la violence, mais par la discipline, la méthode, l’organisation. Les grévistes de 1936 occupaient les usines au son de l’accordéon et les grèves étaient devenues des fêtes. Les lycéens nous montrent le chemin : dans les cortèges de jeunes, de nombreuses pancartes « Bismillah, c’est les ténèbres » moquaient les piteuses tentatives d’infiltration de groupes Snapchat par les policiers ; on a vu des batailles d’aura devant les lycées et devant les CRS…

Le 24 octobre, l’acte II de la mobilisation des « gilets jeunes, des gilets jaunes et des gilets rouges » comme l’a joliment résumé une affiche de la CGT a rassemblé près de 800 000 personnes qui ont défilé pacifiquement. Une troisième journée d’action est programmée pour le 31 octobre. Les organisations syndicales appellent à une journée de grève le 5 novembre et dans un communiqué, la CGT appelle à généraliser la grève.

Dans les jours et les semaines qui viennent, il faudra être nombreux dans la rue pour montre notre détermination à en finir avec ce système capitaliste qui broie nos existences. Nombreux, joyeux et rassemblés, dans nos organisations de masse, pour mener la lutte jusqu’à la victoire.

David Noël
PCF Avion

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  1. Cher Camarade David Noël,

    Je partage ton insistance sur la centralité des revendications sociales, la généralisation de la grève et la nécessité de reconstruire l’organisation du mouvement ouvrier.

    Je voudrais toutefois apporter quelques éléments de discussion. En effet, tu as raison de combattre le spontanéisme et la fascination pour l’affrontement spectaculaire. Sur ce point,tson article contient une préoccupation légitime : le mouvement ouvrier doit retrouver sa capacité à organiser les luttes et à en maîtriser les objectifs. Mais tu commets une erreur lorsque ton article tend à faire de la pacification du mouvement une condition de sa victoire. La discipline ouvrière n’est pas la pacification de la lutte des classes. Elle est l’organisation consciente de cette lutte. C’est une distinction essentielle. L’expérience du PCF de Thorez, Frachon, Séguy et Krasucki montre que l’unité populaire ne se décrète pas et ne se construit pas autour d’une simple image positive du mouvement social. Elle se construit dans les luttes, à partir des intérêts matériels, par l’organisation, l’éducation populaire, l’action syndicale et la construction d’un débouché politique.

    D’abord, le matérialisme dialectique nous invite à dépasser l’opposition entre violence et pacifisme. Il ne s’agit ni de glorifier l’émeute ni de sous-estimer les conséquences politiques des destructions et des pillages. Mais les formes de lutte ne peuvent être appréciées indépendamment des rapports sociaux, des circonstances historiques, des objectifs poursuivis et du rapport de forces. La violence structurelle du capital, celle de l’État et les différentes formes de résistance populaire ne sont pas des phénomènes interchangeables.

    Faire de la pacification des manifestations un principe stratégique risque de substituer un jugement moral à l’analyse matérialiste. L’histoire de notre mouvement devrait nous prémunir contre cette simplification.

    En 1936, les occupations d’usines, les grèves et la mobilisation populaire ont constitué une confrontation directe avec le pouvoir patronal. En Mai 1968, la grève générale et les occupations ont révélé la puissance de la classe ouvrière. Avec Frachon, Séguy et Krasucki, nous avons un héritage syndical rouge qui nous enseigne que la force du mouvement ne réside pas dans sa seule visibilité, mais dans sa capacité à organiser les travailleurs, à interrompre la production, à élargir le rapport de forces et à arracher des conquêtes.

    Sur le lumpenprolétariat, ta référence à Engels est très juste. Mais elle mérite également d’être replacée dans son contexte historique. Il ne faudrait pas assimiler les jeunes des quartiers populaires, les fractions précarisées du salariat et les éléments déclassés à cette catégorie sociale. La marginalisation est une réalité produite par les rapports capitalistes, mais elle ne détermine pas mécaniquement une conscience politique.

    Chez Marx et Engels, le lumpenprolétariat désigne des fractions déclassées, désagrégées et marginalisées, issues de différentes classes sociales, qui ne disposent pas nécessairement d’une insertion stable dans le processus de production et peuvent être soumises à des intérêts immédiats, à la vénalité et à des influences politiques réactionnaires. Mais il ne faut pas confondre cette catégorie historique avec l’ensemble de la jeunesse des quartiers populaires, ni avec tous les auteurs de pillages ou de violences. Ce serait une erreur sociologique et politique. Marx analyse notamment cette question dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, où il étudie la manière dont certaines fractions déclassées peuvent être mobilisées politiquement par le bonapartisme : actuellement ceux qui servent les intérêts du macronisme décadent du nouveau Badinguet.
    Ce qui est intéressant dans cette analyse, c’est précisément la question de leur instrumentalisation politique. Mais Engels ne nous invite pas à y substituer une condamnation morale à l’analyse des conditions sociales.

    Notre responsabilité communiste, comme marxiste-léniniste digne de la tradition de la SFIC puis du PCF, est de travailler à l’organisation et à l’élévation de la conscience de toutes les fractions populaires, plutôt que de nous limiter à distinguer les comportements politiquement acceptables de ceux qui ne le seraient pas.

    Enfin, je crois que ta référence à l’hégémonie culturelle gagnerait à être approfondie. Chez Gramsci, l’hégémonie ne consiste pas simplement à se faire aimer ou à préserver la sympathie des classes moyennes. Elle suppose qu’une classe soit capable d’exercer une direction politique et intellectuelle, de construire des alliances et de faire reconnaître un projet de transformation de la société. Cela exige un rapport de forces matériel, des organisations implantées et une perspective politique indépendante des intérêts du capital.

    La question des classes moyennes doit donc être abordée en termes d’alliances de classes, à partir des intérêts matériels convergents des ouvriers, employés, techniciens, ingénieurs, paysans, artisans et petits producteurs, et non à partir d’une recherche de respectabilité qui conduirait à modérer nos objectifs.

    Au fond, je crois que nous devons revenir à une question fondamentale : comment passer de la colère à la conscience, de la mobilisation à l’organisation, et de l’organisation à la conquête du pouvoir politique ?

    C’est toute l’expérience historique du mouvement communiste et syndical qui nous enseigne que la classe ouvrière ne peut devenir une force dirigeante qu’en s’organisant elle-même et en entraînant les autres catégories populaires dans un rassemblement majoritaire contre la domination du capital. En cela, les dockers ont fait une très belle et efficace démonstration de force en bloquant 95% des ports français le 30 octobre.

    Les positions révisionnistes du marxisme à la Kautsky des directions syndicales et politiques prônant le socialisme petit-bourgeois, relayé par le populisme LFI par électoralisme et des organisations gauchistes comme le NPA-A, le POI etc. renforcent l’hégémonie culturelle de la conservation sociale et de la réaction.

    Pour nous, membres du parti communiste, la discipline, l’unité et l’organisation sont indispensables. Mais elles ne sont pas des objectifs en soi : elles sont les moyens de construire un rapport de forces et une perspective révolutionnaire. C’est à cette condition que nous pourrons dépasser les défaites, reconstruire une véritable capacité d’intervention populaire et faire du mouvement social une force de transformation de la société.

    le problème du mouvement ouvrier français depuis plusieurs décennies n’est pas d’avoir été insuffisamment pacifique. C’est d’avoir progressivement perdu des positions dans les entreprises, dans les quartiers populaires, dans les lieux de formation et dans les institutions, tandis que le capital renforçait son pouvoir économique et politique. Il faut donc reconstruire une force de classe par un front de classe pour VIVRE! C’est aussi ce qui permet de ne pas confondre le rassemblement populaire avec une addition d’appareils politiques ou une simple coalition électorale comme l’appelle une nouvelle fois les sociaux démocrates populistes de LFI.

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